// Le mot de la FGM – mars 2026 //
Un mouvement citoyen a émergé, au cours des derniers mois, à la suite de la décision du gouvernement du Québec de mettre fin au Programme d’expérience québécoise (PEQ). Cette porte d’entrée constituait depuis longtemps l’un des principaux mécanismes permettant aux personnes immigrantes s’étant enracinées au Québec par le biais des études ou du travail d’y poser définitivement leurs valises pour bâtir leur vie.
Rappelons-le d’emblée, ce programme permettait à des personnes déjà intégrées au tissu social, économique et culturel du Québec d’obtenir la résidence permanente. C’est pourquoi l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a lancé le mouvement des cœurs bleus en soutien aux personnes immigrantes déjà établies chez nous. La FGM appuie sans détour cette initiative, et plus de 80 % des Québécois·e·s sont du même avis.
Les personnes demandeuses d’asile doivent faire face à encore davantage d’incertitude. Autre rappel utile : ces personnes ont également le droit de travailler, ce qu’elles cherchent d’ailleurs à faire le plus rapidement possible suite à leur arrivée. Fort heureusement, la Cour suprême du Canada a récemment rendu une décision attendue en ce sens, qui a confirmé l’accès aux garderies pour les familles demandeuses d’asile.
Le tribunal a notamment relevé que leur exclusion aggrave le désavantage vécu par les femmes demandeuses d’asile, puisque celles-ci assument généralement davantage de responsabilités familiales et que leur capacité à travailler dépend souvent de leur accès à un service de garde abordable. Il s’agit donc aussi d’un enjeu d’équité.
Soutien de première ligne pour les personnes immigrantes
J’en profite pour souligner la tenue prochaine du Salon de l’emploi et de l’intégration sociale des personnes demandant l’asile. Mis sur pied par l’organisme INICI, l’événement se tiendra le 2 avril au Stade olympique. Cette initiative a fait ses preuves en rapportant un taux de placement des participant·e·s supérieur à 70 % au cours des dernières années. Dans le cadre de l’édition 2024-2026 du Fonds Collectif pour l’équité sociale, la FGM a soutenu plusieurs autres organisations œuvrant auprès des personnes demandeuses d’asile, réfugiées ou migrantes sans statut, à statut temporaire ou précaire. D’autres, comme Femmes en emploi et le CEFJI que la Fondation a appuyées par le biais du Fonds FAM, soutiennent plus spécifiquement l’insertion socioprofessionnelle des femmes immigrantes.
À ce sujet, notre rapport Signes vitaux sur les femmes et les filles du Grand Montréal nous rappelle d’ailleurs qu’en 2021, le taux d’emploi des femmes immigrantes du Québec (57,3 %) était un peu plus élevé que celui des femmes nées au Canada (56,3 %), mais que leur taux de chômage était deux fois plus élevé (9,6 % contre 4,8 %). Cela témoigne d’une forte volonté de participer au marché du travail, et ce en dépit de tous les obstacles et de la discrimination vécue par un grand nombre d’entre elles.
Un rapport de recherche-action du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTTI), dont la FGM a soutenu la diffusion en décembre dernier, a par exemple illustré le degré de précarité dans lequel vivent de nombreuses femmes sans statut travaillant au Québec, et rappelé qu’elles sont trop souvent victimes de vol de salaire, voire de violences physiques ou sexuelles. Cela nous rappelle la grande vulnérabilité de ces femmes et l’importance de protéger leurs droits et leur dignité.
En janvier, j’affirmais que nous aurons besoin de tout le monde. Et tout le monde, ça inclut toutes les personnes issues de l’immigration qui sont établies ici, sans égard à leur statut. Nos communautés se développent et prospèrent grâce aux contributions de ces femmes et ces hommes qui, sans naître au Québec, ont choisi de s’y installer et d’y bâtir leur avenir. Ne l’oublions pas.