Le mot de la FGM, juillet 2021

Comme c’est souvent le cas autour du 1er juillet, l’actualité des dernières semaines a remis en lumière la question de l’habitation. Un grand nombre de ménages se retrouvent dans l’incapacité de se loger convenablement et à prix abordable, voire de se loger tout court. Leur détresse est réelle, et elle appelle à des actions urgentes et énergiques de la part de l’État. Notamment, la construction de logements sociaux doit s’accélérer. La philanthropie et le milieu communautaire, quant à eux, peuvent aussi agir. Dans l’immédiat, nous pouvons venir en aide à celles et ceux qui vivent leur propre crise du logement. Le Fonds Collectif de relance de la FGM désignera d’ailleurs l’habitation parmi les priorités post-COVID-19. Nous lancerons officiellement ce nouveau fonds d’ici la fin de l’année.

Mais même avant la pandémie, les indices pointaient déjà vers une nouvelle crise. C’était l’un des constats du rapport Signes vitaux du Grand Montréal publié par la Fondation en juin 2020 : les logements abordables et adéquats pour les familles montréalaises se font trop rares. La preuve : le tiers des Montréalais·e·s doivent consacrer plus de 30% de leur revenu à l’habitation, et plus de 24 000 personnes patientent sur une liste d’attente pour obtenir un logement social. Bref, l’offre ne suffit tout simplement pas à la demande. Le marché est incapable de répondre aux besoins.

Des reportages récents ont aussi rapporté un loyer moyen – parmi les logements actuellement disponibles – de plus de 1300$ par mois pour un « quatre et demi », montant corroboré par la SCHL. Cela représente 15 600$ par année, soit plus que le seuil acceptable de 30% du revenu annuel moyen. À Montréal, ce seuil s’établissait en 2019 à 47 400$. Imaginez la situation des gens à faible revenu.

Une crise du logement pour les plus vulnérables

N’oublions pas que ce sont les plus vulnérables qui sont les plus touché·e·s par l’inflation des loyers. Des personnes âgées vivant d’un revenu fixe. Des chef·fe·s de familles nombreuses ou monoparentales et leurs enfants. Et beaucoup de personnes immigrantes ou racisées. Pour elles, l’accès difficile au logement constitue un autre exemple de la discrimination systémique qu’elles vivent. Les impacts d’un logement inadéquat sur la santé physique et mentale, le stress et le sommeil sont aussi largement documentés dans la littérature scientifique.

Parmi celles et ceux qui vivent une crise du logement, plusieurs devront se rabattre sur des appartements trop chers ou inadéquats, souvent trop petits ou excentrés, voire insalubres. D’autres se retrouveront à la rue. L’habitation, c’est aussi un enjeu de santé publique. Et au fond, c’est également la mixité sociale de notre ville qui est en jeu. À cette question cruciale pour la santé, la sécurité et la cohésion de notre communauté, nous avons collectivement le devoir de trouver de nouvelles réponses. Avec ses partenaires, donatrices et donateurs, la Fondation du Grand Montréal sera là pour soutenir ceux et celles qui les trouveront et les mettront en œuvre.

Karel Mayrand
Président-directeur général
Fondation du Grand Montréal