Nouvelle

Allocution de Monette Malewski



Culture Philanthropique

Dons Financiers et responsabilité sociale

Ce sont mes parents qui m’ont appris à transmettre nos valeurs juives. Ce legs est transmis de génération en génération « Dor l’Dor ».

La vie de mes parents fut ponctuée de difficultés. Imaginez… dès le premier jour de leur union, le 18 juin 1942, ils eurent à faire face à une situation des plus déstabilisantes. Au cours de la cérémonie qui se déroulait dans la maison de ma grand-mère, la Gestapo vint frapper à la porte pour s’assurer que tous les Juifs présents portaient leur étoile jaune. C’est ainsi que débuta leur union officielle.

En 1942, ils habitaient Liège, en Belgique. Ma mère avait émigré d’Allemagne alors qu’elle avait 2 ans. Mon père était arrivé de Pologne à l’âge de 16 ans. Ils tombèrent amoureux et se marièrent le 18 juin 1942.

Avant d’être arrêtés, mon père, ma mère, mon oncle ainsi que la sœur de mon père et sa famille décidèrent de quitter la Belgique le plus rapidement possible en destination d’un pays plus sécuritaire. Les 10 autres membres de la famille demeurèrent en Pologne.

En moins de deux semaines, ils partirent à l’assaut des Alpes, à pied, pour se rendre en Suisse, un pays neutre. Toutefois, la frontière demeurait close aux réfugiés, tout spécialement aux réfugiés juifs. Après de longues discussions avec les douaniers, ils furent finalement admis pour être aussitôt internés dans un camp de travail près de Lausanne, où ils demeurèrent jusqu’à la fin de la guerre en mai 1945. Dans ce camp de travail, ma mère a donné naissance à mon frère. En plus de l’allaiter, elle a généreusement partagé son lait avec les nourrissons des autres mamans pour lesquelles l’allaitement était impossible. Mon père de son côté travaillait d’arrache-pied dans des conditions de travail très difficiles surtout pendant l’hiver. Malgré cela, il demeurait confiant et plein d’espoir. Par son exemple, il encourageait les hommes à voir la vie positivement.

Les familles entières de mes deux parents périrent au cours de la guerre à l’exception de mon oncle, d’un cousin, caché par des amis catholiques au cours de la guerre, et de ma famille immédiate composée de quatre personnes.

C’est l’amour pour la vie qui a permis à mes parents de survivre et c’est également cet amour qui leur a donné la capacité de voir le monde d’un bon œil et ce, même au coeur d’un camp de travail! Vous pourrez sûrement saisir mes émotions à la vue du film « la vie est belle » de Roberto Benigni. J’ai tellement pleuré. Pour la première fois, j’ai su me mettre véritablement dans les souliers de mes parents et voir la vie comme eux l’ont vue! J’ai réalisé comment ils avaient fait pour voir, ressentir et faire vivre la beauté et la vie malgré la misère.

L’optimisme et le bonheur ne sont pas l’art de bâtir une vie sans problèmes mais bien l’art de savoir réagir aux problèmes à surmonter.

En 1949, lorsque le communisme menaça l’Europe, mes parents optèrent pour une vie meilleure et plus sûre pour leurs enfants et les enfants de leurs enfants. C’est au Canada qu’ils immigrèrent. Au Canada, ce sont les traditions et les valeurs juives qui les aidèrent à faire face à ces temps difficiles. Ceux qui étaient arrivés à Montréal avant eux, au début des années 1900, avaient déjà mis sur pied des œuvres et des associations pour venir en aide aux nouveaux arrivants. Non seulement était-il possible d’y trouver de l’aide mais également une famille élargie et des cercles sociaux plus vastes. Les leaders de la génération précédente avaient pris soin d’assurer le futur de la communauté juive au Québec.

Lorsque j’étais enfant, nous avions à la maison une petite boîte bleue dans laquelle nous placions des pièces de monnaie pour les pauvres. Chaque vendredi soir, lorsque nous recevions notre argent de poche de la semaine, nous devions verser 10 % de nos sous dans cette petite boîte bleue.

Ma mère et mon père ont travaillé durement dans l’entreprise qu’ils ont créée. Ils ont pris soin de leurs 3 enfants et ont constamment aidé les gens dans le besoin, alors qu’ils étaient eux-mêmes très peu en moyen. « Donner » a toujours fait partie de l’enseignement que j’ai reçu de mes parents. Au fil du temps et même si mes parents sont devenus plus fortunés, ils nous ont constamment rappelé nos obligations envers les autres. À l’adolescence, nous nous devions d’être engagés, d’avoir une cause et d’aller cogner, de porte en porte, afin d’amasser des sous pour les causes qui nous tenaient à coeur, tout comme eux le faisaient.

Ce legs du don pour la communauté juive provient du mot « Tzedakah ». C’est un des thèmes porteurs du judaïsme avec ses 613 commandements. « Tzedakah » est le mot hébreu qui désigne un acte de charité et qui symbolise le fait de venir en aide, de porter assistance et d’aider financièrement les pauvres et les nécessiteux. Toutefois, la notion de « Tzedakah » diffère grandement de l’idée de base de la charité. La charité suggère la bienfaisance et la générosité, un acte magnanime au bénéfice des pauvres et nécessiteux. « Tzedakah » vient du mot « Tzedek » qui veut dire vertueux, justice ou honnêteté. Dans nos traditions, donner aux pauvres n’est pas vu comme étant un acte généreux, mais est considéré plutôt comme un acte de justice qui fait appel à l’accomplissement d’un devoir : donner aux pauvres ce qu’il leur est dû. Aussi, un proche d’un défunt fera toujours un don à un organisme de bienfaisance au nom du disparu. Selon la loi juive, nous sommes tenus de donner un dixième de notre revenu net aux pauvres. Toutefois, nul n’est tenu de donner autant si cela le place dans une situation de fragilité où il deviendrait lui-même un nécessiteux.

Cette obligation de donner vise tous les peuples, pas seulement les Juifs. Les actes de « Tzedakah » servent à créer un monde plus juste. « Tzedakah » devient donc le moyen d’accomplir le « Tikkun Olam », c’est-à-dire la réparation du monde : la responsabilité de réparer les torts du monde et d’être socialement responsable.

Depuis plus de 30 ans les gestionnaires de Groupe M Bacal s’investissent activement dans la communauté où ils vivent et travaillent. Ils donnent de leur temps, de leurs énergies et leurs argents à de nombreux regroupements, institutions et individus issus du milieu culturel, économique, social, éducatif ou communautaire. C’est un engagement personnel de la part des membres de notre équipe!

« Ce pays ne sera pas un bon endroit pour vivre pour aucun de nous à moins que nous nous assurions qu'il est un bon endroit pour tous! » Theodore Roosevelt 1912

La philanthropie est définie comme l'amour de l'humanité; la bienveillance envers la grande famille humaine; une bonne volonté universelle à faire le bien; le désir et l'empressement à faire le bien auprès de tous. C’est un outil efficient pour faire vivre le Tikkun Olam.

Alors, le philanthrope courant est un altruiste qui donne pour le mieux-être de l'humanité!

Il n'est pas nécessaire de posséder des millions de dollars pour faire une différence. Il y a plusieurs chemins que nous pouvons emprunter pour nous rapprocher des causes qui nous passionnent!

Plusieurs personnes ont su devenir prospères grâce à leur ingéniosité et leurs efforts. Ces personnes ont un grand intérêt à intégrer dans leur vie les éléments qui sont les plus significatifs pour elles!

Un nombre croissant de gens prospères ne pensent plus qu'à seulement engranger encore plus de richesse. Ils sont à regarder comment ils peuvent utiliser leurs avoirs comme outil leur permettant d'atteindre des objectifs plus élevés.

Au Canada, les gens font des dons. Ce phénomène est dû entre autres aux riches babyboomers.

De plus en plus, les gens prennent les dispositions nécessaires pour assurer un héritage durable à leur famille.

L'utilisation maximale du capital n'est pas de faire plus d'argent mais faire que l'argent apporte une plus-value à la vie.

La philanthropie fait partie de leurs vies. Ils souhaitent offrir leurs habiletés créatives autant que leurs biens tout comme ils le font dans leur profession ou leur entreprise.

Les tendances clés de la philanthropie sont :

L'autogestion par le biais de fondations privées ou par des fonds de donation guidés.

L'intégration de dons avec la planification de succession et de taxation.

Les fondations canadiennes privées et les fondations publiques avec les fonds guidés de donation ont des actifs de plus de 16 milliards et sont en forte croissance. En fait, ils représentent l'angle philanthropique connaissant la plus forte croissance.

Les gens combinent deux éléments essentiels dans leur quotidien :

leur aptitude personnelle : qu'elle soit intellectuelle, créative ou financière

leur éventail d'objectifs, d'aspirations et de buts à long terme auxquels ils décident de se consacrer.

Les dons n'ont jamais été aussi porteurs.

Nous, les êtres humains, sommes à la fois complexes, beaux en plus d'être des créatures uniques. Nos expériences de vie se traduisent par une collection de souvenirs, de perceptions, d'exemples et d'émotions. Il n'y a pas de formules pour déterminer pourquoi nous faisons telle chose plutôt qu'une autre. Voilà pourquoi le monde philanthropique d'aujourd'hui offre une grande panoplie de façons créatives de donner.

Aujourd’hui, une collecte de fonds se fait en tenant compte du donateur. Lorsque nous le sollicitons lors d’une campagne annuelle, nous nous assurons de lui proposer une offre tenant compte de ses besoins et souhaits.

La planification de dons c’est une combinaison de la planification de la succession et des lois concernant la taxation d’une personne avec sa vision philanthropique. Cette nouvelle façon de faire vise à accroître le nombre de dons par un système personnalisé et adapté à chacun.

Les individus deviennent intéressés à faire des dons planifiés lorsqu’ils sont persuadés que leur investissement aura un impact sur la cause qu'ils endossent, qu'ils ont confiance au leadership de l'entreprise et ont des actifs à donner.

Les philanthropes sont des gens qui veulent faire un investissement social (dons charitables) de la façon la plus effective possible tout en étant en harmonie avec leurs valeurs et leurs objectifs.

Conclusion

J’ai foi en l’intégrité de l’âme, en la résilience de l’esprit humain, et en l’intelligence et la passion du coeur. Je crois que si les gens puisent leurs forces à même leur cœur, ils feront le choix, en toute conscience, de vivre pleinement engagés avec intégrité, vérité, compassion et confiance. Je crois en un monde meilleur créé par eux.





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