// Le mot de la FGM – février 2026 //
C’est vrai dans le Grand Montréal, mais c’est vrai aussi partout au Québec : le milieu des arts et de la culture traverse une période très difficile – pour ne pas dire une crise. Les artistes vivent dans le même monde que le reste d’entre nous, et subissent notamment les mêmes impacts de l’inflation et de la pression immobilière. Comme le soulignait déjà Culture Montréal en 2024, les coûts de création, de production et de diffusion artistique explosent. Les locaux et les espaces de création abordables, par exemple, sont de plus en plus rares.
Pourtant, on ne peut pas nier l’importance des arts et de la culture. Dans un sondage commandé l’an dernier par le Conseil des arts de Montréal, on apprenait que 80 % des répondant·e·s estiment que les arts améliorent leur qualité de vie, et que 87 % apprécient d’avoir accès à des propositions artistiques près de chez eux. L’accès à la culture est donc aussi une question de bien-être. Alors, comment pouvons-nous mieux soutenir les artistes et le milieu culturel qui jouent un rôle si important dans nos vies?
La FGM et la culture
Depuis plus d’une décennie, la Fondation du Grand Montréal joue un rôle structurant dans le développement de la philanthropie culturelle. En particulier, nous soutenons le déploiement de programmes d’appariement publics et privé. Par leur entremise, des organismes culturels peuvent bonifier et investir le fruit de leurs collectes de fonds et ainsi créer une nouvelle source de revenus stables et prévisibles pour soutenir la poursuite de leur mission. Plusieurs centaines d’organismes de toutes les tailles ont bénéficié de cet accompagnement de la FGM au fil des années, dans une multitude de disciplines artistiques et un peu partout sur le territoire.
L’équité territoriale dans l’accès à la culture constitue d’ailleurs une dimension dont on parle trop peu. À Montréal, nous avons un réseau de bibliothèques et de maisons de la culture qui constitue une porte d’entrée indispensable pour l’écosystème culturel, et qui est réparti de manière plutôt équitable sur le territoire. Toutefois, comme l’a montré notre rapport Signes vitaux sur les iniquités territoriales en 2024, certains secteurs situés en périphérie des quartiers centraux et à l’extérieur de la métropole ne sont pas aussi bien desservis. On apprenait aussi récemment que le gouvernement du Québec envisage de réduire le budget consacré aux sorties culturelles dans les écoles, ce qui constituerait un autre frein à l’accès à la culture chez les jeunes. La Fondation soutient le milieu culturel et les citoyen·ne·s qui réclament que le gouvernement fasse marche arrière.
Répondre à la crise
En terminant, je m’en voudrais de ne pas rappeler que plusieurs crédits d’impôt, notamment le crédit additionnel pour don important en culture, abaissent significativement le coût d’un don à un organisme culturel admissible. Dans le sondage cité plus haut, 77 % des répondant·e·s estiment que le soutien aux arts devrait être une priorité pour le milieu des affaires, et 70 % croient que les citoyen·ne·s devraient aussi participer au financement des arts en faisant des dons. La FGM existe notamment pour optimiser la générosité de ceux et celles qui désirent faire de tels dons, et sera toujours derrière le milieu culturel du Grand Montréal pour soutenir sa vitalité.
La culture est la matrice à travers laquelle nous affirmons nos identités et créons les liens sociaux qui nous unissent. En ce sens, les artistes nous offrent beaucoup plus que du divertissement. Il nous appartient donc à tous et à toutes de les soutenir à notre tour. On peut le faire en allant voir leurs spectacles, leurs films ou leurs expositions, en achetant leur musique, leurs livres ou leurs œuvres. On peut aussi faire un don à un organisme culturel reconnu ou, pourquoi pas, créer un fonds dédié à la culture à la FGM.