Nouvelle

Lancement Signes vitaux 2017 - Allocution de M. Yvan Gauthier PDG de la FGM



Monsieur le Président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, cher Michel,
distingués invités de la table d’honneur,chers collègues et partenaires de la Fondation du Grand Montréal,
Mesdames, Messieurs de la communauté d’affaires et des organismes actifs dans notre métropole,
merci de votre présence et de votre accueil. 
 
Merci à toi, spécialement, Michel, de nous donner à nouveau accès à cette tribune de prestige. Car lorsque la communauté d’affaires tend l’oreille aux questions sociales, c’est tout le Grand Montréal qui avance.
 
Les entreprises prospères grandissent dans des communautés en santé; et ce sont des communautés en santé qui fournissent aux entreprises les talents et les clients dont elles ont besoin pour grandir.
Ce continuum entre l’économique et le social est de mieux en mieux compris. Votre présence en témoigne. Je vous en remercie à nouveau.
 
Aujourd’hui, nous allons parler des enfants du Grand Montréal. Voici sans autre explication un court extrait vidéo qui vous dira un peu vers où on s’en va.
 
(La vidéo est lancée)
 
Les enfants sont l’avenir. C’est une réalité incontestable, biologique. Si nos enfants vont bien aujourd’hui, il y a bien des chances que notre société aille bien demain.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je fais une rapide mise en contexte. 
 
La Fondation du Grand Montréal fait partie d’un réseau incluant près de 200 fondations communautaires à travers le Canada et d’un mouvement international présent dans plus de 60 pays. Nous fonctionnons, excusez l’image, comme une petite Caisse de dépôt de l’investissement philanthropique.
Nous rendons accessible cet outil philanthropique qu’est une fondation auprès des entreprises, des organismes à but non lucratif et des particuliers sans égard à la valeur de leur portefeuille à mettre sur pied des fondations tournées vers le mieux-être de la communauté sans égard à la valeur de leur portefeuille.
Nous conseillons ces personnes ou ces groupes en leur disant comment ils peuvent faire la différence dans la cause qui leur tient à cœur.
Nous nous occupons de tout ce qui entoure la création et l’administration de la fondation.
Nous gérons le capital philanthropique de manière professionnelle et nous distribuons les revenus générés à des organismes de bienfaisance en accord avec les donateurs.
 
Aujourd’hui, notre actif sous gestion est de plus de 250 millions de dollars; nous administrons plus de 500 fondations, et depuis notre création en 1999, nous avons distribué des subventions à plus d’un millier d’organismes de tous les secteurs principalement dans le Grand Montréal.
 
Pour connaître les besoins dans la communauté, pour mieux conseiller les philanthropes et donateurs, nous produisons tous les deux ans un document qui s’appelle Signes vitaux du Grand Montréal.
C’est une juxtaposition de données provenant de différentes sources qui offre une vue multifacette de notre réalité sociale. Ce document, nous le rendons public pour susciter la discussion et pour contribuer à la réflexion des décideurs publics et groupes sociaux.
 
Aujourd’hui, nous lançons les Signes vitauxMC 2017 des enfants du Grand Montréal.
 
***
 
Pourquoi avons-nous décidé de centrer cette édition sur la situation des enfants?
Après tout, 2017 est une année anniversaire, une année d’histoire et peut-être une année charnière. Le 375e de Montréal, le 150e du pacte confédératif canadien.
Ce qu’on appelle aujourd’hui l’histoire, c’est ce qu’on appelait hier l’avenir.
Alors si nous sommes ici aujourd’hui, c’est un peu le résultat de la manière dont nous avons su, par le passé, nous occuper des enfants. Et voir aujourd’hui comment vont nos enfants nous dira un peu si on aura matière à célébrer au 400e de Montréal.
 
***
 
C’est un peu l’esprit à l’origine de notre démarche.
 
Pour faire le travail, nous avons collaboré avec une trentaine de groupes et organisations du Grand Montréal : ministères et agences de l’état dans le secteur de la santé, des commissions scolaires, des associations, groupes de soutien auprès des enfants, des corps policiers, des institutions diverses. Ces groupes nous ont aidés dans la collecte de données. Mais ils ont aussi partagé avec nous une profonde expérience que nous mettons déjà à contribution dans l’élaboration de nos programmes.
 
Je remercie le comité stratégie et ses 29 organisations qui ont contribué à nos travaux.
 
Nous avons aussi eu la volonté de donner la parole aux enfants. Les enfants n’ont pas de voix dans notre société. Ils ont celle de leurs parents. Nous avons voulu les entendre directement. Pour nous aider à bien le faire, nous avons travaillé avec l’Université de Montréal et l’Université Concordia. Six groupes d’enfants issus de différents quartiers, mais aussi des groupes d’enfants vivant avec des handicaps, des enfants de réfugiés syriens, vivant différentes réalités, ont été rencontrés.
 
Ces enfants, ces universitaires, ces collaborateurs de tous les horizons, nous les avons réunis dans des journées spéciales de discussion au cours de l’été. Vous en avez vu un extrait.
Je crois qu’on peut dire que nous avons eu un choc. À la fois par la teneur et la profondeur des réflexions des enfants. Nous avons été ballottés entre les larmes et le rire. Nous en sommes sortis émus, impressionnés par leur force, leur résilience et globalement inquiets.
Nous en sommes sortis aussi désireux de travailler ensemble pour que l’intervention globale auprès des enfants réponde encore mieux aux besoins.
 
À tous les groupes et personnes qui ont participé à ce travail, qui fut plus qu’une cueillette de données, mais une expérience humaine, je dis un très grand merci.
 
Je veux aussi remercier l’UNICEF. La publication du rapport du dernier Bilan Innocenti 14 survenue au cours de nos propres travaux nous aura fourni une perspective canadienne et mondiale et même une structure aux données régionales que nous étions en train de recueillir.
Le rapport est conçu en relation avec des objectifs de développement durables ambitieux adoptés par 193 pays membres des Nations-Unies en 2015 : le choix de nos statistiques a donc été fait au regard de l’atteinte de ces objectifs.
 
Nous allons commencer à vol d’oiseau, avant de s’approcher du sol.
 
***
 
Le Canada est un pays riche, avec une économie dynamique, grâce à vous. Nous avons un niveau de vie parmi les plus élevés au monde. Nous avons des services publics étendus, des mesures sociales de répartition de la richesse.
 
Alors, comment expliquer cela?
 
Comment expliquer que le Canada est désormais au 25e rang sur 41 pays développés au chapitre du bien-être des enfants? C’est une dégringolade de 13 marches par rapport à 2007.
Pas de pauvreté : 32e rang.
Sociétés pacifiques et inclusives: 37e rang.
Faim zéro : 37e sur 41.
 
Voilà à grands traits le bulletin canadien.
 
On descend dans le Grand Montréal.
 
On compte 820 000 enfants de moins de 18 ans dans le Grand Montréal en 2016. Leur nombre augmente, mais leur part de la population de la métropole glisse doucement. Ils sont aujourd’hui 20 % du total à cause du phénomène de vieillissement de la population.
 
En ce qui concerne la famille, en 2016, dans la région, on dénombrait:
·         484 000 couples avec enfants.
·         Et plus de 200 000 familles monoparentales, avec une femme à leur tête plus de 3 fois sur 4.
·         Les familles monoparentales, c’est 29 % des familles dans le Grand Montréal.
 
Dans le Grand Montréal, on trouve des variations étonnantes:
·         À Montréal et Laval, 36 % des enfants naissent de parents non mariés.
·         Mais en Montérégie, c’est 68 %.
 
Notre région est cosmopolite:
·         Avec Vancouver et  Toronto, Montréal est parmi les trois régions où la concentration d’immigrants est la plus importante au Canada.
·         La région de Montréal se distingue du reste du Québec à cet égard, et notamment à ce qui concerne la proportion importante des nouveau-nés , on parle des deux-tiers, dont au moins un parent né à l’étranger;.
 
 
En ce qui concerne la langue maternelle:
·         Dans la région métropolitaine de Montréal, 65 % des enfants de moins de 15 ans ont le français comme langue maternelle;
·         15,5 % ont l’anglais comme langue maternelle;
·         Et 20,4 % une autre langue.
 
Cela nous dit un peu de qui nous parlons. Essayons maintenant de voir comment ils vivent tous ces jeunes.
 
***
 
La pauvreté est très présente. En effet, en 2015, selon des données de Statistique Canada, 16,4 % des enfants de moins de 18 ans étaient dans un ménage à faible revenu. C’est moins qu’à Vancouver, à Toronto ou dans l’ensemble du Canada.
Mais cette vulnérabilité économique fait plus que doubler chez les familles monoparentales : 37,3 % des familles monoparentales sont en situation de faible revenu.
Mais le système d’impôts et transferts sociaux fait une différence majeure.
À Montréal, les impôts et programmes de transferts aux particuliers ont pour effet de diminuer le nombre d’enfants en situation de pauvreté. Avant impôts et transferts, 22 % des enfants de moins de 18 ans de Montréal sont dans une famille sous le niveau de faible revenu. Après impôts et transferts, c’est 14%.
 
 
***
 
Dans le Grand Montréal, en 2016, 35 000 enfants sont nourris grâce à l’aide de banques alimentaires. Les familles avec enfants forment d’ailleurs 43 % de la clientèle des banques alimentaires. Les familles monoparentales et biparentales sont réparties à peu près également dans ce groupe.
Toujours en 2016, c’est à Laval qu’on trouve le plus grand nombre de familles qui ont eu recours pour la première fois à une banque alimentaire.
En Montérégie et à Laval, 40,8 % des personnes desservies par les banques alimentaires sont des enfants.
À Montréal et dans l’ensemble du Québec, c’est 35 %.
Dans l’ensemble du Canada, c’est 36 %.
 
 
À Montréal, 11 % des ménages vivent une insécurité alimentaire « modérée ou grave », ce qui signifie qu’ils mangent trop peu et qu’ils consomment des aliments de mauvaise qualité.
 
***
 
Quand on parle d’alimentation, se nourrir peut être un problème, mais parfois il y a aussi un problème d’habitudes alimentaires.
 
En 2011, dans les écoles secondaires de Montréal :
·         1 élève sur deux ne déjeunait pas.
·         1 élève sur 5 était en surplus de poids.
·         7 % des élèves étaient obèses.
Et le surplus de poids affecte les garçons davantage que les filles.
 
***
 
Au Québec, pendant la période 2009-2013, le taux de mortalité infantile était de 4,8 pour 1 000. Par mortalité infantile, on entend un décès qui survient avant l’âge d’un an. Montréal et Laval avaient des taux plus élevés   : 5,1 décès pour 1 000 naissances.
C’est exactement le résultat du Canada; un résultat qui le place au 22e rang sur 30 pays.
Le suicide des jeunes; c’est peut-être la tragédie suprême, le plus grand échec pour une société. On a longtemps vu le Québec au sommet de ce palmarès noir.
 
Ce n’est plus le cas.
 
Entre 2010 et 2012, le taux de mortalité par suicide chez les 12-17 ans était de 4 pour 100 000 au Québec.
Dans le Grand Montréal, c’était 3,5 décès par suicide pour 100 000 jeunes.
 
 
***
 
La détresse psychologique et la prévalence des troubles mentaux sont en hausse. À Montréal, entre 2001-2002 et 2014-2015, le taux de prévalence des troubles mentaux chez les enfants a augmenté passant de 5 % à 7 %. Mais c’est 9 % si on isole le groupe de 15 à 19 ans.
 
Dans le Grand Montréal, c’était 3,5 décès par suicide pour 100 000 jeunes.
 
 
 
***
La détresse psychologique et la prévalence des troubles mentaux sont en hausse. À Montréal, entre 2001-2002 et 2014-2015, le taux de prévalence des troubles mentaux chez les enfants a augmenté passant de 5 % à 7 %. Mais c’est 9 % si on isole le groupe de 15 à 19 ans.
En 2013-2014, 19 % des jeunes de 15 à 19 ans signalaient un niveau élevé de stress. 25 % des filles déclaraient ressentir un niveau de stress intense.
 
Les jeunes sont sous pression. La pression de réussir à l’école. La pression de bien paraître. Le poids des stéréotypes physiques. Trop de filles sont mal dans leur corps, malgré les efforts pour valoriser la diversité des apparences. Les garçons sont de plus en plus aspirés par les soi-disant standards. Ils veulent des muscles.
Ces pressions de toute sorte sont lourdes à porter.
 
Écoutez quelques extraits sur cette pression que vivent les jeunes. Vous pardonnerez la mauvaise qualité des images.
 
La détresse psychologique a parfois pour source la violence.
Parmi toutes les données que nous avons recueillies, celles touchant la violence familiale sont pour nous parmi les plus inquiétantes.
Dans le Grand Montréal, en 2015, les corps policiers ont dénombré 1 852 victimes de violence familiale de moins de 18 ans. Un taux de 282 victimes pour 100 000 chez les filles, et 199 cas pour 100 000 chez les garçons.
Ces taux placent le Grand Montréal parmi les grandes villes où la violence familiale envers les enfants est la plus importante au Canada. Mais dans d’autres régions métropolitaines au Québec, les taux de violence familiale envers les enfants sont encore élevés qu’à Mont
 
Nous allons devoir nous pencher sérieusement sur cette question à travers le Québec.
 
***
 
Il y a quand même des aspects plus rassurants dans ce portrait.
Le taux de diplomation au secondaire est en progression : 61 % après 5 ans, mais 80 % après 7 ans. C’est dire que plusieurs décrocheurs raccrochent.
Les filles réussissent mieux et persistent davantage. À travers le Québec en 2015, 62 % des nouveaux titulaires de baccalauréat étaient des jeunes femmes.
À Montréal et à Laval, 90 % des enfants vivent à moins d’un kilomètre d’un parc.
Les écoles montréalaises se distinguent par la proximité de pistes cyclables.
 
***
 
 
Ce sont évidemment beaucoup de données, trop de chiffres lancés trop rapidement. Mais je crois, malgré l’exercice un peu aride, que vous en saisissez une impression.
Et si vous avez l’impression qu’il y a peu d’éléments pour se réjouir de la manière dont nous entourons nos enfants, comme communauté, alors nous sommes sur la même longueur d’onde.
Nous présentons cette multitude de données sans analyse. C’est un compte rendu factuel. C’est un choix que nous faisons. Nous ne sommes pas du tout des donneurs de leçons. Ce n’est pas notre métier.
Notre rôle, c’est de braquer des projecteurs pour que ceux qui ont à cœur d’aider les autres puissent décider à quel besoin ils veulent répondre.
 
On dit souvent qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Quand on regarde ce portrait, on se dit que malgré notre PIB et notre niveau de vie, malgré nos mesures sociales, nos transferts vers les plus démunis, nos services publics, ce village est encore à construire.
 
On pourrait aussi se dire que toutes ces mesures sociales, ces garderies subventionnées, cette école à peu près gratuite sont extrêmement précieuses, mais ne suffisent pas à construire le village pour élever un enfant.
L’engagement de l’État ne doit pas signifier un désengagement des citoyens. Nous avons tous un rôle à jouer pour que nos enfants aillent mieux.
 
Et si nos enfants vont mieux, nous irons tous mieux demain.
 
Merci.




INFORMATION GÉNÉRALE

Vitrine de vos actionsSignesvitaux 2017

DONNEZ MAINTENANT

Fonds d'aide pour les réfugiésFaites un don en ligne CanaDon.orgPlacements Culture